Qu'est-ce qu'une bonne exposition ou une image parfaite ? Certains diront qu'une exposition parfaite découle de l'emploi correct des trois grandes fonctions d'un appareil photo. Cela vous permet d'obtenir une exposition correcte, c'est-à-dire l'emploi approprié de l'OUVERTURE (APERTURE), de la VITESSE (SHUTTER) et de l'ISO. En réalité, ces trois fonctions sont en constante interaction et équilibre. Il est donc important de comprendre ce fameux triangle de l'exposition.
Vous aurez donc compris que pour obtenir une bonne exposition ou une image parfaite, il est essentiel de bien comprendre la lumière, car tout part de cette lecture de la lumière. L'interprétation que vous ferez de la lumière définira le résultat final de votre image.
C'est seulement à partir de là que l'on peut définir votre image comme de l'art, car l'interprétation de l'image que vous ferez sera modelée selon ce que vous souhaitez qu'elle soit (de votre anticipation) et de la manière dont vous voulez qu'elle soit perçue par les autres.
Ainsi, vos trois grandes fonctions — ouverture (aperture), vitesse (shutter) et ISO — vous serviront à modeler votre image :
- Afin qu'elle soit plus claire
- Afin qu'elle soit plus sombre
- Afin qu'elle soit plus nette
- Afin qu'elle soit plus floue
- Afin qu'elle soit plus granuleuse
- Afin qu'elle soit moins granuleuse
- Afin qu'il y ait peu de profondeur de champ
- Afin qu'il y ait plus de profondeur de champ
- Afin d'avoir un mouvement net et bien défini
- Afin d'avoir des mouvements avec un effet de flou
- Afin d'avoir une image complètement surexposée (high key)
- Afin d’avoir une image complètement sous-exposée (low key)
L'exposition parfaite que vous recherchez concerne la quantité de lumière que vous, en tant que photographe, évaluez. Autrement dit, la quantité de lumière mise à votre disposition. Elle sera sombre ou claire, dure ou douce, selon sa source initiale. Vous serez toujours en mesure de la modeler (en ajouter, en arrêter la diffusion, l'adoucir, etc.). Cette même lumière vous apportera des ombres que vous pourrez contrôler.
Retenez ceci : si une source de lumière est en hauteur, elle créera de fortes ombres (dures ou douces) sur le sujet qui sera dans son chemin. Cela implique que la lumière suit une direction, et sans cette lumière, il serait impossible de voir les dimensions. La lumière, lorsqu'elle croise un sujet, définit la texture de celui-ci sur son passage.
Si vous placez un sujet devant une source de lumière, cela créera un contre-jour (backlight) qui résultera en la création de silhouettes du sujet placé devant.
Selon la source et/ou la période de la journée, la lumière aura une couleur qui lui est propre. D'où l'importance d'effectuer la balance des blancs afin d'obtenir les bonnes couleurs. Seules les couleurs du spectre des lumières visibles sont perceptibles par l'œil humain, et cette plage varie de 400 à 700 nm (nanomètres).
Cette même lumière aura une température exprimée en degrés Kelvin, allant des couleurs chaudes aux couleurs froides.
Ce qui m'amène à poser cette ultime question de nouveau : QU'EST-CE QU'UNE EXPOSITION PARFAITE ? Certains diront qu'une exposition parfaite est celle qui montre l'image identique à la scène prise en photo. D'autres diront que cela dépend de l'émotion que vous souhaitez représenter. Je ne crois pas qu'il y ait une réponse unique à cette question.
Pour tendre vers cette exposition parfaite, vous aurez accès à certaines ressources de votre appareil photo et devrez appliquer certaines règles de base pour la composition de votre image. Ainsi, ce fameux triangle OUVERTURE/VITESSE/ISO est très important pour vous à ce stade. Il est crucial de connaître les notions et/ou paramètres qui vous permettront de modeler l'image selon ce que vous avez anticipé :
- plus nette versus plus floue
- plus sombre versus plus claire
- plus de détails versus moins de détails
- plus granuleuse versus moins granuleuse
Toujours en fonction de la lecture de la lumière que vous avez faite, vous aurez le choix de travailler avec la lumière naturelle ou de la modeler avec des sources externes, telles qu'un réflecteur, un flash, etc.
L'HISTOGRAMME sera votre tout premier outil pour savoir si votre image est sous-exposée ou surexposée, c'est-à-dire si elle a assez de lumière ou pas.
En général, les histogrammes sont affichés sur 5 stops, de 0 à 255 pixels d'intensité, où :
- 0 est défini par la couleur noire,
- 128 est le juste milieu d'un gris parfait,
- 255 est défini par la couleur blanche.
Il est toujours plus facile de récupérer des détails quand la courbe de votre histogramme tend vers la gauche, du côté plus sombre. Tandis que si votre histogramme tend vers la droite, il sera pratiquement impossible de récupérer des données qui sont surexposées (complètement brûlées) en post-production avec un logiciel de traitement d'image.
Malheureusement, aujourd'hui, une image qui fonctionne bien est une image avec un beau contraste (le contraste se définit comme étant la différence entre les zones sombres et les zones claires). Une belle image contrastée se reflétera sur votre histogramme par une courbe en plein centre.
Donc, pour régler l'exposition, vous devez ajuster 3 paramètres (vitesse/ouverture/ISO) qui définissent l'EXPOSITION, c'est-à-dire la quantité de lumière captée par l'appareil. Il s'agit de la vitesse d'obturation, de l'ouverture (la taille de l'orifice qui laisse passer la lumière exprimée en f/) et de la sensibilité (ISO) qui détermine le degré de sensibilité du capteur. Plus un capteur est sensible (plus la sensibilité est élevée, par exemple 6400 ISO), moins vous aurez besoin de lumière pour obtenir une exposition parfaite.
L'OBJECTIF est de loin l'outil qui a le plus d'impact sur l'exposition et la façon de modeler la lumière. Il aura un comportement différent en fonction de la longueur focale de votre objectif (macro, grand angle, téléphoto, etc.). De tous les outils, c'est celui sur lequel vous devez vous familiariser avec les ouvertures du diaphragme et les différents nombres f/.
Vous avez sûrement entendu parler de la notion de STOP : avancer d'un stop double la lumière et reculer d'un stop divise la lumière par 2. Cette notion de stop découle originellement du fournisseur Andrew Ross & Co., opticien basé à Londres au début du 19e siècle et inventeur des Waterhouse stops, qui étaient un ensemble de 6 lamelles à l'intérieur des objectifs formant l'ouverture. Plus une lentille a de lamelles pour former le rond de l'ouverture exprimé en f/, plus celui-ci sera beau et vous donnera un joli bokeh.
Plus le chiffre est bas, comme f/1.2 par exemple, plus le rond sera grand et plus de lumière vous aurez, ainsi que moins de profondeur de champ. Inversement, plus ce chiffre sera élevé, comme f/22, plus le rond sera petit, donc moins de lumière vous aurez et plus grande sera votre profondeur de champ. Sachez que vous pouvez uniquement sélectionner les nombres de f disponibles avec votre objectif. D'où l'importance d'opter pour des objectifs dits lumineux, tels que ceux avec une ouverture de f/1.2 à f/2.8, considérés comme très lumineux.
Ainsi, l'objectif vous permettra d'avoir une image :
- plus grande (grand angle de 16 mm à 24 mm),
- plus juste, ou plus proche de la réalité (50 mm),
- plus étroit (téléobjectif ou super objectif de 70 mm à 200 mm, 400 mm et plus),
- plus gros (lentille macro),
- plus claire et avec peu de profondeur de champ (grande ouverture de f/1.2 à f/4),
- plus sombre et avec beaucoup de profondeur de champ (petite ouverture de f/16 à f/32).
Si utilisé avec un filtre, il est possible de modeler la lumière autrement.
Alors, quand on vous demande d'avoir une grande ouverture, cela fait référence au diamètre du rond qui laisse passer la lumière et non au petit chiffre associé à celui-ci, par exemple f/1.4. Vous remarquerez que plus le nombre de f/ est petit, plus le rond de l'ouverture sera grand, et inversement, plus le chiffre est grand, plus le rond sera petit (petite ouverture).
Ici, l'ouverture fait référence à l'orifice qui forme le petit trou qui laisse passer la lumière à travers votre objectif, généralement exprimée par le nombre de f/ du diaphragme. Plus grande est votre ouverture (plus grand est le rond de l'orifice), plus de lumière vous laissez passer vers le capteur, donc plus la quantité de lumière est importante, ce qui vous permettra d'employer des vitesses plus élevées (souvent utilisées pour les images d'action). Une ouverture de f/3.5 et moins est considérée comme une grande ouverture, tandis qu'une ouverture plus petite, comme f/22 à f/11 par exemple, laisse passer moins de lumière, rendant l'image plus sombre mais augmentant la netteté du premier plan vers l'arrière-plan.
Le second outil en importance sera la VITESSE D'OBTURATION, qui est associée aux paramètres de votre appareil photo. Assurez-vous que l'appareil que vous achetez couvre au minimum la plage de vitesses de 30 secondes à 1/8000e de seconde.
La VITESSE se définit par sa durée dans le temps. Elle est capable de figer ou non l'action. La vitesse est l'outil le plus incroyable pour la créativité. Il suffit de regarder l'image initiale pour en comprendre toute sa portée.
Son fonctionnement est assez simple. Plus les secondes sont longues (30 secondes par exemple), plus de lumière vous laissez passer, et plus l'image sera claire. En revanche, une exposition longue rendra l'image plus sensible aux mouvements (risque de flou). Inversement, plus la vitesse d'obturation est courte (1/8000 de seconde par exemple), moins de lumière vous laissez passer, et plus l'image sera sombre. En contrepartie, l'exposition sera moins sensible au mouvement, ce qui rendra l'image plus nette (action figée).
Ainsi, la vitesse vous permettra de :
- Obtenir des images floues
- Figuer l'action
- Créer des images en filé
- Adoucir une chute d'eau
- Capturer la noirceur et/ou l'obscurité
- Compenser le manque de lumière avec une exposition longue
La vitesse est l'outil qui vous permettra d'être plus créatif avec vos images. Si vous combinez la VITESSE et l'OUVERTURE, cela vous offre encore plus de possibilités pour obtenir une exposition parfaite. Une règle découle de cette combinaison : la RÉCIPROCITÉ. Pour simplifier, pour chaque combinaison d'ouverture (nombre de f) et de vitesse d'obturation (de 30 sec à 1/8000 sec), il existe une combinaison équivalente qui vous donnera la même EXPOSITION. Si vous avancez d'un stop, vous doublez l'ouverture et la vitesse, et si vous reculez d'un stop, vous réduisez de moitié l'ouverture et la vitesse.
La SENSIBILITÉ (ISO)
L'ISO mesure la sensibilité à la lumière du capteur de votre appareil photo. Plus la valeur est élevée (6400 et plus), plus votre appareil sera sensible à la lumière et plus vous serez en mesure de prendre des images en faible lumière. Cependant, une ISO plus élevée entraîne également plus de bruit (grain) dans l'image.
Certains appareils vous permettent de contrôler le maximum de l'ISO lorsque celui-ci est en mode automatique. Il est fortement recommandé de valider le niveau d'ISO que vous êtes prêt à accepter. Chaque fois que vous doublez l'ISO, vous doublez sa sensibilité à la lumière.
L'ISO doit être utilisé en dernier recours pour obtenir l'exposition parfaite. Les appareils Canon sont réputés pour leur traitement élevé de l'ISO, produisant moins de bruit.








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